___American District__By Tooru.___



Personnages
Jordan : AnnaSophia Robb
Masako : Shida Mirai
Kyuu : Yamada Ryosuke
Ryusuke : Kamiki Ryunosuke
Norihito : Matsukawa Naruki
Kaito : Kaname Jun
Hongo : Kanata Hongo
Denjiro : Jinnai Takanori
Lee : Lee Jun Ki



Synopsis
Jordan est nouvelle ici. Elle vient d'arriver à la
Oozei Gakuen. Le directeur connaît déjà ses
compétences et n'attend pas pour la placer
dans un groupe. Il la place dans le groupe de
détectives. Mais elle n'est pas acceptée des
personnes qui le constituent. Ils la trouvent trop
renfermée. Elle ne sourit jamais, et est beaucoup
trop rapide pour eux quand elle résoud une affaire.


( Vidéo : B.O. de l'histoire )

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# Posté le vendredi 21 décembre 2007 17:42
Modifié le lundi 18 février 2008 10:31


Prologue


Le verdict venait de sonner. Ils étaient admis. Seulement eux. Tous les cinq. Ils venaient de réussir l'examen d'entrée à l'école de détectives.

Ils se regardèrent tous un par un, tour à tour. Ils ne se connaissaient pas et sans raison, ils s'étaient entraidés pour l'examen. Le test qu'on leur avait fait passer consistait à retrouver un suspect et à prouver qu'il était coupable sans aucun indice, seulement deux photos.

Ils souriaient, ils étaient heureux. Non pas qu'ils étaient malheureux dans leur vie. Mais ils n'avaient jamais été plus heureux. Ils venaient de réaliser une partie de leur rêve. Tous voulaient devenir de grands détectives. Entrer dans cette école était un grand pas en avant. Ils soupirèrent, éclatèrent de rire.

Aucun d'entre eux ne savait comment exprimer son bonheur. Ryusuke s'approcha de Masako et la serra dans ses bras, un énorme sourire ornait leurs fines lèvres. Quand ils rompirent leur étreinte, ils entremêlèrent leurs mains. Ils crièrent de toutes leurs forces et sautèrent. Les autres éclatèrent de rire et finirent par les imiter.

Ils décidèrent d'aller se baigner pour fêter l'évènement. Tandis que Norihito et Kaito nageaient déjà, Masako, Kyuu et Ryusuke étaient restés en dehors de la piscine. Kyuu tentait par tous les moyens de pousser Masako. Cette dernière résistait avec une telle force qu'il commençait à désespérer. Et Ryusuke, à côté d'eux, riait à s'étouffer. Il n'arrêtait pas de crier à Kyuu qu'il n'avait aucune chance contre elle. Masako finit par se pousser, faisant tomber Kyuu dans l'eau. Riant aux éclats, elle prit la main de Ryusuke et le fit plonger avec elle. A peine eut-elle sorti la tête de l'eau qu'une main l'incitait à se laisser couler. Elle comprit que c'était son ami qui voulait se venger de l'avoir laissé tomber.

Denjiro les observait un peu plus loin. Il souriait. Personne ne voyait son sourire, et c'était pour cela qu'il en profitait. Ces cinq enfants l'amusaient beaucoup. Il voyait en eux ses successeurs. Talentueux, rigoureux, studieux mais dotés d'un certain humour et d'une franchise incomparable. Jamais il ne trouverait quoi que ce soit à leur reprocher, il le sentait. Ils n'avaient que 12 ans, ils étaient encore innocents, mais étaient parfaitement conscients de quelle tournure prenait leur vie depuis qu'ils savaient qu'ils étaient acceptés à l'école de détective. Bien sûr, pour l'instant, rien ne les empêchait de rire ...

Il prit son appareil photo et s'approcha du bassin et leur dit de prendre la pose. Ils s'exécutèrent rapidement. Il appuya sur le bouton. Norihito, à gauche, fixait l'objectif avec une expression neutre collée sur le visage, Kaito, à côté de lui, faisait une grimace, Masako, au milieu, riait car Kyuu louchait, ce qui lui faisait une tête bizarre, et Ryusuke, à l'extrême droite, souriait simplement.

La joie régnait et n'était pas prête de partir.

Une immense amitié venait de se créer entre eux ...

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# Posté le samedi 22 décembre 2007 09:07
Modifié le lundi 18 février 2008 10:31


La porte claqua. Ils se retournèrent tous vers la nouvelle venue et furent surpris. La jeune fille ne se présenta pas, elle s'assit directement et donna le CD à Norihito et lui indiqua d'aller le mettre dans le lecteur. C'était la nouvelle.

- Tu ne te présentes même pas ? s'enquit Ryusuke.
- Je ne vois pas à quoi ça sert. Vous connaissez déjà mon nom et vous savez très bien pourquoi je suis ici.
- C'est pas faux. Mais se présenter est la tradition.
- Comme vous voudrez.


Elle se leva et s'inclina, puis commença :

- Bonjour à tous. Je m'appelle Jordan, j'ai 15 ans, comme vous, et je suis américaine. Je suis une surdouée et le directeur savait déjà ce que je savais faire, il m'a donc mis dans votre groupe. J'espère que l'on va bien s'entendre. Prenez soin de moi.

Elle s'inclina une seconde fois et se rassit, arborant la même expression que si elle n'avait rien dit.

- Et concernant tes hobbies ? demanda Norihito qui voulait en savoir plus.
- J'adore manger, répondit-elle, mais ma passion c'est les enquêtes.
- Et ta personnalité ?
- Je sais bien que nous sommes un groupe de détective mais ce n'est pas une raison pour me faire passer un interrogatoire
, maugréa-t-elle.
- On l'a déjà sa personnalité, elle est râleuse, ne sourit jamais et n'est certainement pas bonne à fréquenter. Je me demande comment elle a fait pour charmer le directeur.
- Vous jugez trop vite,
dirent deux voix.

C'était Masako et Jordan. Elles se regardèrent et sourirent, notant qu'elles avaient parlé ensemble. Kyuu leva les yeux au ciel.

- Laisse-moi te dire quelles sont les règles ici, commença-t-il, nous sommes tous des amis ici, même si tu viens d'arriver, nous tâcherons de bien nous entendre avec toi, mais il y a partout des règles. On se confie tout. Nos bonheurs, nos malheurs, on se raconte même notre vie. Ici, personne n'a de secret pour personne. On s'informe les uns les autres de chacun de nos déplacements et on donne une explication, on résout l'affaire séparément ou ensemble selon notre humeur et selon la difficulté de l'enquête.
- Okay,
accepta Jordan, je vous préviens ma vie n'est pas du tout passionnante.
- La nôtre non plus. Nous nous entraidons, c'est tout
.

Elle acquiesça. Ils mirent le CD en route. L'enquête s'annonçait difficile. Lorsque le film s'arrêta, le bloc-note de l'américaine fut posé avec violence sur la table. Elle se leva.

- Je pars. Je vais résoudre des affaires non classées que j'étudiais avant. J'ai déjà fini de résoudre celle-ci.
- Quoi ?!
s'exclama Ryusuke.
- Vous m'avez bien dit qu'on s'informait de nos déplacements, non ? Je le fais et j'explique pourquoi. Tenez.

Elle lui donna délicatement ses notes.

- D'accord ... Tu es sûre de ce que tu avançes, Jordan ?
- Oui.
- Bon, puisqu'on a terminé ça. Autant aller résoudre tes enquêtes non classées.
- Vous n'y comprendriez rien, même si vous essayiez.
- Mais on a fini celle-ci !
- On partage tout,
rappela Kyuu sur un ton aggressif.
- Dans ce cas, ok. Mais je vais porter la réponse à la police et à Denjiro. Vous trouverez les dossiers des enquêtes là-bas, dans la deuxième étagère. Derrière les livres. Le code est 539aby. Il faut commencer par tourner à droite. Je reviens tout de suite.

Elle quitta la pièce à grands pas. Il y eut un petit silence entre les cinq détectives.

- Masako, cesse un peu de sourire de cette façon. Ce n'est pas parce qu'elle a résolu l'affaire d'un claquement de doigts qu'on va l'accepter.
- Pourtant vous devriez. J'ai été informée de sa venue par Denjiro. Cette fille n'est pas n'importe qui. Vous feriez mieux d'arrêter de la juger, parce qu'elle pourrait être morte si elle n'avait pas un courage pareil.
- Tu veux dire qu'elle a tenté de se suicider ?
- Non, ce n'est pas ce que je veux dire.
- Elle a failli se faire tuer pendant une enquête ?
- Non plus. Cherchez pas. Ce n'est pas à moi de vous dire ça. C'est à elle.
- T'es gentille toi ! Tu nous en parles et tu ne finis même pas ! Tu nous laisses sur notre faim.
- Bien fait pour vous. Vous n'aviez qu'à être plus cools avec elle.
- Elle m'énerve ...
grogna Kyuu.
- Parce que tu crois que tu ne l'as pas énervée, toi ?

Elle se dirigea vers la deuxième étagère. Elle enleva les livres, et découvrit le coffre. Elle tourna à droite puis entra le code. Le coffre s'ouvrit avec un léger bruit de l'air qu'on déplace. Elle sortit le dossier bleu et le posa sur la table.

- Il est gros.
- Normal. Elle a supposé énormément de choses.


Ils haussèrent les sourcils et s'y attaquèrent. Une heure plus tard, Jordan rentra. Elle les trouva en train de désespérer devant les feuilles. Elle décida d'en rire. Elle se joignit à eux.

- C'est quoi ça ? râla Kyuu.
- Il dit que je râle souvent mais il est pas mieux, dit Jordan d'un ton las.

Les éclats de rire des détectives suivirent ces paroles.

- Cette jeune fille de 18 ans a été tuée. Elle s'appelle Kaname Ayano. Tout le monde est convaincue qu'elle s'est suicidée. Elle n'avait aucun ami, ses parents ont été tués sous ses yeux, elle n'avait plus de famille. Elle était maltraitée par sa famille d'accueil, son seul bonheur était l'école. Elle rêvait de devenir une psychologue, elle prétendait vouloir aider les autres puisque personne ne l'avait aidée.
- Elle a de très bonnes raisons de s'être suicidée, pourquoi tu te compliques la vie ?
- Parce qu'elle ne s'est pas suicidée. La corde est dans le bon sens. Quand tu te pends elle est en diagonale de ton cou. Mais j'ai remarqué plus tard qu'en réalité, c'était des fils électriques et que la marque n'était pas parfaite pour un suicide. Elle est décalée de deux millimètres.
- Parce que pour toi, la marque de la corde est toujours la même ?
- Oui, elle est toujours au même endroit. Or là, elle est décalée de deux millimètres. Regarde.


Elle posa par-dessus un calque où il y avait la marque de quelqu'un qui s'était pendu avec une corde.

- Effectivement, constata Kaito, tu as l'oeil quand même.
- Merci.
- C'est bien beau d'avoir deviné tout ça, mais ça ne nous donne aucune piste,
dit Ryusuke.

Elle lui tendit des photos.

- Voilà la liste des suspects.
- Comment t'arrives à faire une liste de suspects en partant de rien du tout. Sans comper qu'elle n'avait pas d'amis, pas de famille. Comment tu t'y es prise ?
- C'est beaucoup plus simple qu'on pourrait le croire. J'ai piraté son ordinateur et sa messagerie, elle correspondait depuis deux ou trois mois avec un garçon et une fille. Ce garçon était le genre à collectionner les filles, ses copines auraient pu être jalouses parce que ces deux-là entretenaient une véritable histoire d'amitié. Et la fille était lesbienne, mais sortait avec un garçon. Le garçon aurait pu croire que c'était Ayano qui l'avait fait changer d'orientation sexuelle, il aimait sa petite amie comme un fou et avait déjà planifié son mariage alors qu'ils n'avaient que 20 ans tous les deux.
- D'accord ...
murmura Masako, trouvant ce comportement ridicule.
- C'est dingue. Tu t'incrustes dans la vie des gens.
- Est-ce que tu crois que c'était inutile ? Je ne fais jamais quelque chose s'il n'y a aucune nécessité à le faire.


Ils continuèrent à travailler jusqu'à ce que le soleil commence à se coucher.

- Le soleil se couche. Je reprendrais l'enquête demain. Merci de m'avoir aidée.
- Ah parce qu'on t'a aidée ?
s'enquit Kaito, surpris.
- Oui. Grâce à vous, j'ai de nouvelles pistes en tête. Alors merci.

Elle rangea les dossiers et se dirigea vers le canapé pour prendre sa veste.

- Qu'est-ce que tu fabriques ? On peut encore travailler sur ton enquête. On a le temps.
- Moi pas. Je vais voir le coucher de soleil.
- Le coucher de soleil ?
- Oui. Je le regarde tous les soirs. N'essayez pas de me suivre pour savoir. Je sais toujours quand quelqu'un me suit. A demain.


Elle s'inclina furtivement et quitta la pièce comme une voleuse, laissant les cinq amis complètement interloqués.

- C'est une folle, chuchota Norihito.

Masako se leva de table, le sourire aux lèvres. Les quatre garçons manquèrent de lui crier dessus. Pourquoi, si elle savait tout à propos de la nouvelle venue, se taisait-elle ?
.
# Posté le samedi 22 décembre 2007 22:25
Modifié le lundi 18 février 2008 10:32


La rivière était là. Derrière ces hautes herbes, devant ce soleil qui s'étalait en couleurs orangées, rougâtres et violettes. Une larme roula sur sa joue. Voilà trois ans qu'elle n'avait pas pleuré. Trois ans ... Trois longues années où on lui avait réappris à vivre mais ça n'avait servi à rien. Pourquoi s'était-elle renfermée à ce point ? Personne ne le savait. Même pas elle. Peut-être pour moins pleurer. Mais avec le temps, elle avait réalisé que se renfermer et ignorer ses peines était pire que pleurer sans cesse. Malgré tous ces éclaircis dans son esprit, il était bien trop tard. Bien trop tard pour arrêter de se renfermer. Et sa psychologue qui lui avait dit qu'elle pouvait s'en sortir seule. Bien sûr seule. Elle avait oublié de mentionner "sans les personnes vitales". Perdue dans ses pensées, Jordan constata que le soleil s'était déjà couché. Elle se reprocha d'avoir pensé à son passé et se traita d'imbécile mentalement. Ce coucher de soleil était exactement le même que l'autre, et elle s'était laissée emporter.

Elle se releva et s'approcha de la rivière. Son reflet n'était plus du tout le même. Elle ne se reconnaissait plus. Elle ragea intérieurement d'en être arrivée là puis se retourna, ne supportant plus de voir cette étrangère la fixer avec des yeux moqueurs. Elle remonta sur le petit chemin et continua à marcher. Le coucher de soleil était passé, elle pouvait désormais se promener à sa guise, ou retourner au bureau principal des détectives, si l'envie lui prenait. Elle soupira. Elle arriva en centre ville après avoir marché pendant une demi-heure. Elle contourna une petite boutique et arriva dans une impasse. Elle continua jusqu'au bout et fit volte-face avant de s'adosser au mur.

- Tu croyais peut-être que je n'avais pas remarqué que tu me suivais ? Ta technique est bonne, Ryuu. Mais je la connais.
- J'aurais au moins essayé.
- Alors, quel est le diagnostic ?
- Quoi ?
- A quoi ça t'a mené de me suivre.
- A pas grand chose, mais je pense surtout que j'espérais en découvrir beaucoup.
- Je pense aussi. Et tu as découvert quoi ?
- Que tu as une certaine passion pour les couchers de soleil ou bien ils t'ont marquée à vie d'une manière ou d'une autre. Que tu n'es pas en accord avec toi-même.
- Et ça ne te suffit pas ? Ca me met déjà en rogne que tu ais trouvé tout ça.
- J'ai trouvé ce que je savais quelque part déjà. Ce que je veux savoir c'est pourquoi tout ça.
- Continue de mener l'enquête, dans ce cas,
l'encouragea-t-elle, avec un petit sourire.
- Jordan, je sais que je n'en ai pas l'air mais je te considère déjà comme une amie, et si tu n'es pas en accord avec toi-même je veux t'aider.
- C'est gentil. Ca me fait plaisir. Mais tu es trop naïf.
- Je sais, tout le monde me le dit. Mais je ne le suis pas tant que ça. Je ne veux pas devenir ami avec n'importe qui. Et ne me dis pas que ça te fait plaisir, c'est la vérité. Pour moi, tu n'es pas n'importe qui. J'ai vraiment envie de savoir tout sur toi.
- Masako est au courant, non ?
- Oui, mais elle refuse de nous en parler. Elle dit que c'est à toi de nous en parler.
- Elle n'a pas tort, mais je m'en fiche. Si vous êtes pressés de tout savoir sur moi, allez voir Denjiro. Si vous tenez vraiment à ce que ce soit moi qui vous en parle, vous pouvez attendre longtemps.
- On a attendu longtemps pour Kyuu.
- Hein ?
- Il était pareil que toi avant. Il n'a plus qu'un grand-père en vie, il n'a plus de famille, il ne nous parlait jamais de son état mental, il se renfermait comme pas permis, et son grand-père était le créateur d'une bande de criminels contre qui on se bat jour et nuit. Puis, on lui a fait comprendre qu'on était tous amis. Au début, il nous a repoussé puis il a fini par s'avouer à lui-même qu'il nous aimait. Et depuis ça, il va beaucoup mieux. Tu sais, je ne crois pas qu'il te parle méchamment depuis le début pour rien. Il se revoit en toi et il réalise à quel point il était dans un piètre état. Peut-être que quelque part, il cherche à te faire réagir.
- Tu as raison. Je ne connais pas Kyuu ni les autres, mais je sais pertinemment qu'il ne fait rien sans nécessité. Comme moi.


Elle esquissa un minuscule sourire et tourna les talons. Son sourire disparut dès qu'elle fut de dos à Ryuu. Elle partit, la rage l'habitant toujours. Quelque part, elle sentait qu'elle avait bien fait de pleurer devant Ryusuke. Et quelque part, elle venait de s'extérioriser et cela ne lui plaisait absolument pas. Elle shoota dans un caillou de toute la force dont elle était capable. Il atterit une vingtaine de mètres plus loin.

- Putain quelle conne ... !!



* * *


Elle souffla bruyamment puis franchit la porte. Elle la referma et alla directement s'asseoir à sa place, n'adressant de regard à personne.

- Bonjour tout le monde.


Elle eut leur réponse sur le même ton neutre qu'elle venait de prendre. Elle daigna enfin relever la tête et s'aperçut qu'ils la regardaient tous.

- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je leur ai parlé de notre conversation d'hier,
l'informa Ryusuke.
- C'est pas étonnant. Entre amis, on se dit tout, ironisa-t-elle.
- Pourquoi tu ne veux rien nous dire à propos de ton passé ?
- Parce que je ne vois pas en quoi ça va vous intéresser.
- Ecoute, Jordan. Je disais la même chose que toi. Je pensais qu'ils ne pourraient pas m'aider. Toi, tu te dis peut-être ça parce que tu penses qu'on veut résoudre tes problèmes mais ce n'est pas ça du tout.


Après ces paroles, Kyuu s'assit sur la table à côté d'elle.

- Des amis sont là pour te redonner le sourire. Pas pour résoudre tes problèmes. Nous voulons te faire sourire. Nous voulons savoir ce que tu ressens. Mais pour ça, il nous faut connaître la nature de tes problèmes. Si on ne connait pas ce qui te rend malheureuse, nous ne pourrons pas t'aider.
- Est-ce que je vous ai dit que j'avais besoin d'aide ?
- Tu ne nous l'as pas dit et tu ne nous l'as pas montré non plus. Mais nous en savons un morceau sur la psychologie humaine et quelqu'un de renfermé n'est jamais quelqu'un d'heureux. Quelqu'un de malheureux a toujours besoin d'aide, même s'il est fort d'esprit.
- Je sais que tu es forte d'esprit Jordan,
ajouta Masako, on le sait tous, mais tu as besoin d'aide. Tu dois probablement penser qu'avoir besoin d'aide, c'est être faible. Mais non, pas du tout. Avoir besoin d'aide fait partie de toutes les personnes qui vivent sur cette planète. Et tu ne devrais pas penser que tu n'en as pas besoin.
- C'est bon, vous avez fini votre mélodrame ?
maugréa-t-elle, on est ici pour bosser pas pour faire des scènes d'amitié ridicules.

Le tableau électronique sonna si fort qu'ils faillirent en tomber par terre. Une information apparut. Ils devaient retourner en classe.

- Retourner en classe ? Mais c'est stupide, on devait commencer une autre enquête !
- Kaito, si on nous demande de retourner en classe, c'est qu'il y a une bonne raison.


Ils quittèrent la pièce et coururent jusqu'à leur salle de classe.

- Il n'y a que nous, constata Masako, faire cours pour six, ce n'est pas très intelligent.
- Vous avez parfaitement raison,
clama une voix.

La lumière s'alluma. Ils s'assirent à leur place en jetant un coup d'oeil à la personne qui venait de leur parler : leur professeur de mathématiques.

- C'est pourquoi toute la classe a été appelée, ils vont arriver dans quelques instants. Denjiro a décidé d'arrêter quelques temps les activités personnelles de chaque groupe pour vous réunir.
- Je peux partir moi ?
demande Jordan.
- Tu fais comme tu veux.
- Comment ça elle fait comme elle veut ?
- Jordan n'a pas besoin de suivre des cours.
- Vous n'allez quand même pas nous dire qu'elle sait tout ?
dit Kyuu.
- Si.
- En Amérique, je ne faisais qu'étudier. Je n'allais pas à l'école, je prenais des cours à domicile. Comme je comprends tout très vite, mes études ont avançé très vite.
- Tu en es où ?
- Au niveau de faculté. J'ai terminé le programme de terminale avant de venir m'installer au Japon. Et si je le souhaite, mon professeur peut venir me refaire tous les cours. Mais comme je les connais par coeur, j'ai jugé ça inutile. Et je ne voulais pas faire déménager toute sa famille juste pour moi. Je sais que vous ne me croyez pas, mais peu m'importe. Alors je peux partir, Sensei ?
- Denjiro désire que tu passes un peu de temps en classe, pour que tu voies à quoi ça ressemble la vie en classe.
- J'assisterais aux cours demain, et cet après-midi. J'ai quelque chose d'important à faire ce matin.
- Il veut aussi être informé des périodes où tu assisteras aux cours, et celle où tu n'y assisteras pas.
- J'allais le prévenir, ne vous inquiétez pas. A cet après-midi les gens,
lança-t-elle aux cinq détectives.

Elle s'en alla. Le professeur de mathématiques s'approcha d'eux.

- Vous savez ce que cela signifie ?
- De quoi ?
- Elle vient de vous dire "A cet après-midi les gens", vous savez ce que cela signifie ?
- A vrai dire ... Non,
avouèrent-ils en ch½ur.
- Moi j'ai compris, dit brusquement Norihito, elle a failli nous dire "Au revoir les amis" mais elle n'ose pas.
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# Posté le mardi 25 décembre 2007 11:03
Modifié le mercredi 26 mars 2008 09:38


Jordan venait enfin de revenir au lycée. Il était une heure et demie. A peine arrivée, ses cinq collègues lui sautèrent dessus.

- Alors, c'était bien ta matinée ? demanda Masako, d'un ton amical.
- Tu faisais quoi encore ? gronda Kyuu, Mission secrète ?
- Exactement,
répliqua-t-elle du tac au tac.
- Quoi ?! s'exclamèrent-ils.
- J'avais une mission à réaliser qui consistait à faire arrêter un tueur en série. Je devais aller le voir et tout le blabla ... C'était pas mal. Mais c'était la routine quoi.

Elle les contourna et commença à partir.

- Les amis ne mentent pas.

Après ces paroles venant de Ryuu, elle se retourna et le regarda droit dans les yeux.

- Je n'ai pas menti. Et jamais je ne le ferai. On est amis, non ? On dirait que vous ne le pensez pas.

Elle partit pour de bon.

- Alors là ...
- J'y crois pas,
lâcha Kyuu.
- Elle reprend notre phrase pour ...
- Pour vous mettre la rage, oui,
approuva Masako en souriant.

Elle se lança à la poursuite de la jeune américaine et la rattrapa rapidement.

- Bravo Jordan !
- Merci,
répondit-elle en riant.
- Reprendre leur phrase, c'était excellent.
- C'est sorti tout seul, je dois l'avouer.


Tout en riant encore, Masako passa sa main dans le dos de sa coéquipière. Elles rentrèrent en classe et s'assirent. Jordan trouva un mot dans son bureau. Elle le déplia et le lut attentivement. Son amie s'approcha d'elle.

- Qu'est-ce que c'est ?
- Aucune idée.
- Qui en est l'auteur ?
- A coup sûr un criminel, il y a une photo de cadavres particulièrement sanglants. Et ... Des menaces.
- Fais-moi voir !


Elle lui arracha des mains.

- Attends ici, je vais voir Denjiro. Ne montre ça à personne.

Elle quitta la pièce en courant. Elle dépassa ses quatre collèges qui marchaient eux aussi vers la salle de classe. Ils se retournèrent sur son passage, se demandant pourquoi elle courait comme ça. Puis ils continuèrent leurs chemins. Jordan arriva dans le bureau. Elle ouvrit la porte à la volée et se jeta sur le bureau de leur chef.

- Denjiro-Sensei ! C'est une nouvelle enquête ?
- Oui. Dans la mesure du possible, j'aimerais que seules toi et Masako enquêtiez. N'en parlez pas aux garçons. Sauf en cas d'extrême urgence.
- Comme vous voudrez !


Elle s'inclina et repartit. Elle dévala les six étages de toute la vitesse dont elle était capable. Elle revint dans la salle de cours et se précipita sur les cinq détectives. Masako s'apprêtait à leur montrer les documents. Elle lui prit violemment et s'affala sur le bureau.

- Jordan qu'est-ce qu'il t'arrive ? s'exclama son amie.
- Denjiro ne veut pas qu'ils enquêtent. Il veut qu'on aille que toutes les deux sur le terrain. Et il a dit de ne rien leur montrer. De ne leur parler de rien. Sauf si c'est extrêmement urgent.
- D'accord, comme il voudra. Mais calme-toi, assieds-toi ou tu vas faire une crise.
- C'est pas grave.


Elle s'exécuta tout de même. Les garçons bouillaient intérieurement. Ils ne dirent rien car l'ordre venait de leur chef mais ils s'éloignèrent des deux jeunes filles.

- Les gars, je propose qu'on aille voir Denjiro-Sensei, ce soir.
- Ryuu, c'est insensé. Pourquoi il nous aurait empêché de faire cette enquête ? D'après ce qu'a dit Masako, les meurtres sont sanglants, et Denjiro veut les envoyer sur le terrain. Elles vont se faire tuer.
- J'ai un mauvais pressentiment.
- Je doute qu'il ait donné cette enquête au hasard. A mon avis, il veut tester Jordan,
finit Ryusuke.

Le professeur et le reste de la classe arriva à ce moment. Le cours débuta avec une explication soporifique du professeur assez âgé. Pendant qu'il parlait dans le vide, Kyuu envoya un mot à Ryuu.

Kyuu : Tu as réfléchi à propos du problème qu'elle a ?
Ryuu : Oui, mais je ne trouve pas grand chose. Je vais certainement aller voir la psychologue du lycée. Et si jamais je ne trouve rien, je trouverais le moyen de faire parler Masako ou Denjiro.
Kyuu : Pourquoi pas Jordan ?
Ryuu : A mon avis, c'est trop dur pour elle d'en parler. Je ne vais pas la forcer. Derrière cette barrière qu'elle s'est forgée, se cache des millions de litres de larmes.
Kyuu : Tu penses?
Ryuu : J'en suis plus que certain.
Kyuu : Je te fais confiance. Je suivrais ce que tu feras.


Ryusuke sourit en voyant ces deux phrases. Il releva la tête vers son ami qui répondit à son sourire.

* * *


Elle vit quelqu'un s'arrêter à côté d'elle, et puis s'asseoir.

- Les couchers de soleil ne sont pas forcément les meilleures choses pour t'aider à ne plus te sentir seule.
- Je sais. Mais c'est joli.
- Tu cesses peu à peu de te renfermer.
- Je sais aussi. C'est grâce à vous.
- Merci. Les couchers de soleil ne feront pas revenir tes amis, Jordan.
- Je sais, Masako, je sais.
- Puisque tu sais tout, pourquoi tu t'obstines ? Pourquoi tu continues à te bercer d'illusions ?
- Je ne me berce pas d'illusions. Je me remémore tous les souvenirs heureux avec eux. Au fond je ne suis pas malheureuse, ne ?
- Si tu l'es. On est forcément malheureux quand on fait un deuil.
- Quand on essaye d'en faire un. Je n'y arrive pas. Ça fait trois ans que j'essaye et je n'y arrive pas.
- Ça viendra. Ne t'en fais pas.


Elle passa un bras protecteur autour de son amie.

- Tu comprends maintenant pourquoi nous voulons que tu nous considères aussi comme tes amis ?
- Oui. Mais toi aussi, tu comprends.
- A propos de toi, je comprends, oui. Allez, allons commencer notre affaire.

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# Posté le samedi 29 décembre 2007 13:11
Modifié le lundi 18 février 2008 10:32